la Marmite du Diable (6) fin
par kiki le, 15/07/2007Suite et fin
- Ecoutez-moi, braves gens, dit alors Jean Hullos, et vous ne mourrez plus de froid durant l'hiver. Sous le mont d'Anzin gisent d'énormes tas de pierres noires qui brûlent comme des tiges de colza. Un jour viendra où grâce à ces pierres, les voitures marcheront sans chevaux, les vaisseaux vogueront sans voiles et les hommes vivront en joie et en prospérité.
* Et tu voulais, juge maudit, nous priver de tous ces bienfaits ! au bûcher le juge, au bûcher, le scélèrat !
Et la foule saisit le grand prévôt, le garotta, le fit monter sur le bûcher et y mit le feu.
Mais voilà que soudain le jour s'obscurcit, une épaisse fumée descendit sur la flamme, et l'on vit le juge se transformer en une gigantesque chauve-souris qui prit son vol, plana quelques temps au-dessus de la ville, s'abattit sur le beffroi, y jeta trois cris sinistres et fila droit vers le mont d'Anzin.
Le lendemain, une vingtaine d'hommes résolus, guidés par Hullos, se rendirent avec pics et pioches, au mont d'Anzin.
Ils n'y trouvèrent ni hutte, ni trou, ni échelle : mais ils creusèrent à l'endroit que Jean leur indiqua et découvrirent le charbon de terre, qu'ils appelèrent houille, du nom de Hullos.
Ils creusèrent un puits et amenèrent par là au soleil les entrailles du globe.
Le diable, pour se venger, allume quelquefois dans les mines de houille un feu qu'on nomme le feu grisou ; mais il a beau faire, les ouvriers continuent de piller intrépidement ses provisions et d'en tirer la joie et le prospérité du monde.
Extraits des "Contes du Roi Cambrinus"
Editions Blondel à Odomez
Relais le magazine mensuel de la région minière du Nord-Pas-De-Calais
DECEMBRE 1977 N° 99.

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