dur, la reconversion
par kiki le, 28/10/2007« Dur, la reconversion ! »
A 38 ans, pas question « d’aller à la pêche » comme beaucoup de ses vieux copains, bientôt pré-retraités, qu’il avait quittés voilà presque deux ans pour se reconvertir, et qu’il a retrouvés en février dernier parce que sont stage à L’AFPA de Lomme ne lui a ouvert pratiquement aucun débouché. Ces compagnons du fond, il leur a pourtant dit une nouvelle fois au revoir en septembre parce qu’enfin…
A cet âge là et avec quatre gosses, il ne s’agit pas seulement de faire « bouillir la marmite ». Encore faut-il avoir la possibilité de la remplir, Serge Duhamel de Libercourt, fait donc partie de ces jeunes mineurs atteints par le plan social des Houillères et, pour ce qui le concerne, après dix sept années en qualité d’électro-mécanicien de fond.
Autre métier pénible dans les tailles, autres lourdes responsabilités, au niveau de la sécurité en particulier. Dans ces tailles de Oignies où il avait fait son apprentissage dès 1974 après avoir été traceur, puis chargé du matériel, avant d’entrer (en 76) à l’école des « électros » des houillères et d’y obtenir son diplôme d’électricien d’équipement industriel.
Un an de stage à lomme ne lui a donc pas permis de retrouver son métier. Toutefois, Serge Duhamel ne s’est pas recyclé pour rien. Il a réussi à se situer au « niveau 4 » (baccalauréat) qui lui ouvre aujourd’hui une autre voie : celle de chef-magasinier à Harnes, à la Compagnie Française Fibrit, filiale d’une entreprise Allemande.
« Dur, dur, la reconversion ! » nous a-t-il confié avec un rien de nostalgie au fond des yeux en regardant le chevalement du 9. « Sûr, que j’aurais préféré rester au fond… »
Voix du Nord 22 Dec 1990

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