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pélerinage en Artois, les indigènes partie2
par bourdonb le, 10/11/2005  

Modes de recrutement ? .. En Algérie, les retraités militaires sont convoqués par une affiche de mobilisation ; à Mostaganem, deux cents arabes rallient leur corps ... A Tunis, neuf mille tirailleurs tunisiens volontaires se présentent en une seule journée devant la commission de recrutement qui fonctionne en présence du Caïd ... Dans un village de l'Issa Ben (boucle du Niger), en Afrique occidentale, un interprète explique, au cours de palabres avec des recrues, qu'après leur départ, le gouvernement de la colonie n'oubliera pas leurs familles qui recevront une allocation mensuelle ...

Fin septembre 1914, Madagascar, notre grande île africaine qui a reçu solennellement le drapeau tricolore le 14 juillet 1913, est la seule colonie à n'avoir pas encore participé à la lutte contre l'invasion allemande. Les autorités militaires de l'île ont cependant pris toutes dispositions pour entraîner des troupes malgaches à la guerre de tranchées. Aussi quand le gouvernement français décide, au vu des résultats obtenus par les troupes de l'ouest africain de puiser dans le réservoir malgache, il y trouve des troupes aguerries. Le 2 octobre, le colonel Brun, commandant le 1er régiment de tirailleurs malgaches, recrute des volontaires pour la formation de trois compagnies. Le 9, réception à Tananarive par le gouverneur général avant le départ de l'île. Des familles pleurent. Pourquoi pleurer? Le rêve de tout bon Malgache n'est-il pas d'avoir des funérailles somptueuses ? . .

En Océanie, dans les îles du Pacifique, on procède également au recrutement de tirailleurs indigènes, robustes, agiles, dont les officiers instructeurs disent qu'ils feront des grenadiers et des combattants à la baïonnette hors ligne ... En Asie, on recrute aussi ; plusieurs milliers d'Annamites s'entraînent au camp de Nam-Dinh ; les uns seront équipés comme tirailleurs, les autres seront occupés en France com¬me ouvriers ...

Peu à peu, les Français s'habituent à voir arriver dans leur pays des « indigènes » de toutes les parties du monde : Berbères presque aussi clair que les Blancs, Arabes au nez aquilin, Soudanais et Sénégalais au teint noir, Anna¬mites à la peau couleur de bronze ...

Au cours des premiers mois de guerre, que craignent surtout les Allemands ? Le canon de 75, et les tirailleurs indigènes ... Les « turcos » comme on les appelle famillièrement. Ils foncent d'un irrésistible élan, baïonnette en avant, se battent avec acharnement, suspendent momentanément l'avance d'un adversaire très supérieur en nombre. Pas de quartier

Dans un camp de convalescents, un médecin présente l'un de ses patients qui arbore la croix de guerre.

Désarmé dans un combat à la baïonnette, il se trouve devant un officier allemand ; il lui saute dessus, lui arrache le nez avec les dents, lui barbouille les yeux de sang et le tue avec son propre revolver. Mais on le fait prisonnier et on l'oblige à travailler dans les tranchées ennemies. Une nuit il se traîne près de la sentinelle, l'étrangle de ses mains et s'évade nu et le corps enduit de graisse en rampant comme un serpent. Il arrive à un camp anglais où on le prend pour un espion ; on veut le fusiller. Mais lui de crier :
- Moi, Francis ».
- Tu es trop noir pour être Français, répond un Tommy ; que sais-tu de la France ?
- Moi connaître Paris, moi connaître « vive la France » et « Marsouillaise ».

Alors on lui donne un kilt d'Ecossais et on le renvoie chez les tirailleurs, où il continue à embrocher des «Bou¬ches» jusqu'à ce qu'un obus lui fracasse la cuisse et lui raccourcit la jambe de 9 centimètres. Voyez comme il boite ! Mais cela lui est bien égal, et il demande à retourner au front.

Pour garder des prisonniers, rien de tel que des combattants « indigènes ». Leur vue impressionne les captifs. Un camp de prisonniers est installé dans un village. En faction à l'entrée, un tirailleur sénégalais. Des paysans passent, s'arrêtent; et le tirailleur de lancer à l'un deux, avec un large sourire : « Ti viens voir sauvages ? ..»

Combien la France doit à ses « indigènes » venus au secours de la Mère Patrie ! En leur hommage à tous, mettons en exergue la conduite de ressortissants coloniaux du Maroc, du Sénégal, de l'Indochine, choisis en raison du caractère exceptionnel de leur participation à la guerre.


 


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