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EPILOGUE : LES COMMERCANTS
par berlens78 le, 08/07/2020  

Cha y est, ché fini, in a fait l’ tour d’ chés commerçants dé l’ rue Alfred Leroy à Bruay dins les années 60. Enfin surtout chux qu’ jé m’rappelle. I n’avot cor des zautes, ch’ magasin d’ godasses Benvista après Madrigal, les Cycles choquet, l’ Boucherie charcuterie Debuyser aux zalouettes… mais chés boutiques là jé n’y allos jamais alors j’ai pas grand cosse à in dire.

Cha a fait eune bonne trentaine d’artiques éd’ publiés sur HdC. Ch’ premier, cha a été su’ ch’ photographe Crendal, not’ voisin . Chétot l’ 4 décembe 2019, y’ a pus d’ six mos, in étot cor’ in hiver, avant la guerre… D’ là in a armonté l’ rue Alfred Leroy in allant acater du râpé à L’épicerie Nicolas, faire réparer min vélo à ch’ marchand d’ mobylettes, acaté des légumes amont Marchand et des bottillons au Galibot. Un pétit détour par ch’ coiffeur délle rue Nouvelle, acaté un pain d’ 700 à l’ boulangerie Casteele et un paquet d’ bleu à ch’ débit d’ toubaque. Avec ém’ mère j’ai été racater des boutons à Madrigal pis tout seu quère des biftecks hachés amont Nippert. J’ai poussé jusqu’ à ch’ carrefour des alouettes, arfaire él’ plein d’ pétards et d’ chucades amont Pleinvol.

Après cha, j’ sus ardéchindu à m’ baraque rue d’ Divion, allé porter mes godasses à arsemeler à ch’ cordonnier d’ l’ancien temps, ravisé chés télés à l’ vitrine Chalmin, et ramené chés rideaux avec chés zourlets cousus par ém’ mère à Linette. Au soir, j’ai donné min billet à commissions au Spar et j’ ai été faire un tour amont Tinchon avec min père acater des mèches pou s’ chignole. Samedi matin j’ai fait la queue à l’ pharmacie Dubois prinde chés médicamints pour mémère ; diminche après-midi, comme tous les diminches, j’ai été quère chés choux Chantilly à l’ pâtisserie d’ Madame Boucly.

L’ samedi d’après, j’ai été faire un tour au Point Virgule, j’ sus passé devant Plomion et Opigez, et raviser chés bandes dessinées dins l’ librairie Beghin. Après minger, in a été acater un costume à Marchand Frères pour m’ communion, fait un tour aux nouvelles galeries et à Prisunic, et allé vire chés vitrines des Arcades.

J’ai voulu raconter cha comme un témognache éd’ l’ancien temps, dé m’ jeunesse, que ch’ monde là i est disparu pour toudis ; qu’ cha n’arviendra pus. Minme si chés grandes surfaces alles ardonnerotent délle plache à chés pétits commerces in ville, cha s’rot pus comme avant ; pus les minmes gins, pus les minmes affaires à acater. Pus l’ minme histoire.

Y’ a’t’i cor des boutiques dù qu’in donne des étrennes à Nouvel An ? … des porte-clés avec él’ réclame dé ch’ magasin ou minme cor’ des buvards ?... des ballons ? Y’ a t’ i cor des marchands ambulants qui viennent klaxonner dins chés rues nous vinde du beurre demi-sel, du fromache de Hollande, dé l’viande éd’ bidet, dé l’ charcuterie polonaise ? Des épiceries dù qu’in va quère des œufs avec sin panier à salade ? Des sacs à commission in plastique avec chés porions qui dépassent ? Des timbes à collectionner et à coller dins des albums pour avoir eune ristourne ?

Finis les « Fais voir ton billet mon garçon… » , « Ma crotte », les « Tu as bien travaillé à l’école ? », « Tu donneras les sous à ta maman », … Disparus les crayons d’ bois sur l’ oreille avec les petits carnets à souche, les murs tapissés de tiroirs en bois, les balances à plateaux, les filets à commissions, les commérages … Evaporées les odeurs du cuir chez Peuvrel, des épices chez Nicolas, des pains de trois livres dorés et croustillants de la boulangerie, de la colle à rustine et du cambouis chez le marchand de vélos et de mobylettes … Envolés les balances à aiguille, les tiroirs caisse à sonnette, les comptoirs en bois, les étalages en verre … Evanouis dans le silence du passé les bavardages et les histoires sans fin …

Enfant, je sortais du coron sans danger, pas de rue à traverser, je n’avais qu’à suivre le trottoir qui montait jusqu’aux Alouettes ; il y avait bien la rue d’Ourton à traverser mais si peu de voitures à cette époque. Ce n’étaient pas les routes qui étaient encombrées mais plutôt les trottoirs ; enfin le trottoir côté commerçants car sur l’autre, celui qui longeait la fosse 4, il n’y avait qu’un mur tout du long avec une pissotière et des panneaux d’affichage électoraux. Trottoir encombré par les ménagères qui faisaient leur commissions pour faire à manger, barbotaient, s’arrêtaient tous les cinq mètres, échangeaient des nouvelles, celles des enfants, de la famille, des voisins, du quartier … On ne voyait personne courir, se dépêcher ; sauf quand l’une d’entre elles se souvenait d’une urgence « Vous f’rez pas attintion, jé m’ dépêche, j’ai min ragoût su’ l’ cuisinière », ou « Jé m’ dépêche, chés gosses i vont rintrer d’ l’ école et j’ai rien d’ prêt ! » ou encore « J’ voudros rintrer avant que ch’ facteur i passe, j’attinds eune lette éd’ min grand qui est parti faire sin service … ».

Les commerçants savaient tout de notre famille ; les prénoms des enfants, en quelle classe ils étaient ; où on allait en vacances, quoique là c’était facile à deviner, tout le monde allait à Berck … Les mariages, les baptêmes, les communions. Ils n’étaient jamais invités, bien sûr, chacun son monde, mais ils s’intéressaient, demandaient des nouvelles ; et il n’était pas rare d’ offrir à certains, ceux qu’on voyait tous les jours, un petit cornet de dragées de baptême ou de communion … Et comme il y avait toujours des femmes qui attendaient leur tour, tout le quartier était au courant…

Les petits bonheurs ; les malheurs aussi ; chacun compatissait en essayant d’aider du mieux possible. En faisant crédit « garde tes sous, tu me paieras plus tard quand ton papa sera sorti de l’ hôpital… ». On ne connaissait pas le mot « empathie » mais chacun la pratiquait au quotidien. Je ne me rappelle pas de réflexions méchantes ou blessantes ; que de la gentillesse et de la solidarité. Et je n’édulcore pas ; bien sûr qu’on a tendance à embellir les choses du passé, à ne garder en mémoire que les plus beaux moments, ceux qui nous ont fait rire ou pleurer de joie, ou touché profondément ; eh bien j’ai beau chercher, je n’en trouve pas des mauvais moments, des disputes, des invectives, des bagarres, dans ce monde pourtant bien clos. Le monde était beau parce qu’on n’en connaissait pas d’autre ; les gens, gentils, avec les enfants peut-être mais qu’importe, les méchants on ne les voyait pas, ils ne sortaient jamais … Et la télé ne nous abreuvait pas encore des images de violence , des témoignages d’horreurs, des drames du bout du monde…. La guerre d’Algérie ou celle du Vietnam restaient des mots dénués de sens pour nous les enfants de cette époque.

Notre monde se réduisait à notre quartier, bien connu, bien tranquille, sans surprise, dans lequel il ne se passait rien de grave finalement. La famille, les voisins, quelques amis ; et puis les commerçants, qui faisaient presque partie de la famille aussi…. Une grande famille ; la famille du quartier du 4.


 


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