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RACONTE-MOI MA FAMILLE N°12 PAUL-FRANTZ ou PAUL-FRANCE…
par Paul-Frantz le, 10/08/2021  

Et ça continue... !
“Raconte-moi ma famille...” N° 12 - Récits de famille, racontés par nos anciens.
Par Paul-Frantz VIDAL (famille maternelle à Fouquières-lès-Lens)
"PAUL-FRANTZ OU PAUL-FRANCE… ?"


En matière de tradition familiale, nous avons connu chez nous celle du prénom du premier né. Le premier garçon devra porter le nom de son grand père, qui sera aussi obligatoirement son parrain. La première fille portera le prénom de la grand-mère qui sera sa marraine. Cette tradition a fait que presque toujours les enfants appelaient le pépé "parrain", et la mémé "marraine" car ils faisaient tous comme leur aîné. Chez nous c'était pour tout le monde un prénom composé, avec en tête Jean pour les garçons et Marie pour les filles.
Il est une autre tradition, dont j'ai déjà parlé, nous avions le respect des anciens, des parents, des grands-parents… C'est presque bizarre de nos jours… ! Et les enfants ne tutoyaient pas leurs parents et grands-parents. Mon père vouvoyait ses parents alors que mes grands-parents le tutoyaient. Nous avons été la première génération à renverser les traditions, je tutoyais ma grand-mère et mon père lui disait "vous"…

Je m'appelle Paul-Frantz. J'aime ce prénom, et j'en suis fier. Car, il a son histoire lui aussi : il a provoqué un événement inattendu à l'occasion de mon baptême.

Nous habitions Orleix (*), près de Tarbes, où les aléas des nominations de fonctionnaires avaient envoyé mes parents. Quand je suis né, ma maman était persuadée que je serais une petite fille. Elle désirait tellement avoir une fille… Conclusion, on n'avait pas prévu de prénom de garçon. Mon père mobilisé en fin 1939, faisait la guerre à Pau, comme secrétaire à l'État-Major. Heureusement, la défaite aidant, il fut démobilisé vers le 20 mai 1940 juste avant ma naissance.
Il revint à la maison sur une bicyclette volée, sans avoir accompli sa dernière mission de soldat : faire sauter le pont de Jurançon sur le Gave de Pau. Nous pouvons tous nous en féliciter car, sans son acte de désobéissance héroïque, une destruction aussi inutile que stupide aurait plongé les palois dans l'embarras. Savent-ils seulement à qui ils doivent d'avoir conservé leur pont ?

Quand il devint urgent de me déclarer à l'état civil, mes parents eurent une discussion. Mon père souhaitait, comme il est de tradition dans la famille VIDAL, que je porte un prénom composé commençant par Jean…
Il faut savoir qu'en 1676 (année de l'affaire des poisons, sous le règne de Louis XIV), il y avait déjà à Camparan, notre village des Pyrénées, un certain Jean-Guilhaume VIDAL qui avait acquis une parcelle de terre nommée Arrieu (registre "terrier" de Camparan), et que la tradition des "Jean-Quelquechose" ne s'est jamais perdue depuis. Ils y sont tous passé, Bernard, François, Paulin, Paul, Dominique, Pierre, Louis… Et j'en oublie, mais toujours derrière "Jean"… Alors vous vous rendez compte, rompre une telle tradition vieille de trois siècles au moins ! Nos enfants ont le rare privilège de représenter la 10ème génération de VIDAL officiellement enregistrée comme propriétaires dans cette belle vallée. Il y en eut surement beaucoup avant mais je n'ai pas la preuve…
Bien-sûr, mon frère s'appelait Jean-Pierre, mon père Jean-Paul, mon grand-père Jean-Louis, etc…Pour les filles c'était le même principe avec les "Marie-Quelquechose"…

Et, comme ma mère voulait m'appeler Paul, mon père proposa de me prénommer Jean-Paul, comme lui. Ma mère s'y est tellement opposée qu'il n'a pas osé la contredire. Il a seulement négocié un petit amendement : qu'au moins mon prénom soit un prénom composé, cela sauverait une partie des traditions… Ma mère accepta, et trouva aussitôt le seul prénom qui s'imposait en la circonstance : Frantz. En effet, la famille était sans nouvelle du frère aîné de ma mère, Frantz, qui faisait partie du corps expéditionnaire français qui débarqua en Norvège, à Narvick, le 28 avril 1940 (**).

Je n'ai jamais évoqué l'éventuel soucis que cela aurait pu me créer si cela avait été son second frère qui s'était trouvé en difficultés. Car, pour être chargé d'un certain "panache", "Paul-Dartagnan" sonne quand même moins bien que "Paul-Frantz" (on se souvient peut-être que mon deuxième oncle s'appelait Dartagnan comme son père…)
Oui, car c'est bien mon grand-père maternel, Dartagnan DUJARDIN, qui a déclaré ma naissance à la mairie d'Orleix : Paul-Frantz Vidal, né le jeudi 30 mai 1940 à dix heures du matin. Je n'aurais jamais pensé raconter cela si ce prénom n'avait déclenché un conflit majeur avec le clergé, onze mois plus tard dans le village.

C'est le 1er avril 1941 qu'on avait décidé de procéder à mon baptême d'enfant chrétien. C'est encore à mon grand-père maternel qu'échut la responsabilité de remplir les formalités pour le baptême. Il se rend donc à l'église et indique au curé le prénom choisi par la famille. Mais, ce qui devait n'être qu'une formalité banale devint vite une source de discorde en raison du patriotisme exacerbé de Monsieur le Curé.
- Je refuse de baptiser un enfant français d'un prénom allemand ! Déclara-t-il tout net.
Mon grand-père, ancien héros de 14-18, sous-officier de l'armée française, et promoteur initial du prénom Frantz, donné à son propre fils aîné, n'entend pas accepter qu'il en fût autrement.

Conciliant, le curé cherche un compromis. Il propose de me baptiser Paul-France. Ainsi, le germanisme perdra ce que la phonétique conservera. C'était compter sans le caractère déterminé de notre mousquetaire "chti". La moustache en fureur, il refusa tout aménagement dans le choix du prénom. Alors, parole inconséquente ou provocation volontaire du curé, celui-ci émit une condition qu'il croyait irréalisable :
- Ce sera Paul-France, ou rien du tout. Il faudrait me passer sur le corps pour me faire accepter ce baptême autrement…
Parole malheureuse, quand on connaît le bouillant Dartagnan. Il saisit aussitôt le curé par le col de sa soutane et, de sa force herculéenne, l'entraîne vers la sortie de l'église :
- S'il le faut, d'accord… Mais pas dans l'église… !

Il soulève littéralement le curé du sol, et le mène de force vers la sortie. Le curé se débat, frappe Dartagnan qui, dans sa rage, reste malgré tout, maître de la résistance du saint homme. Ils arrivent sur la pelouse devant l'église d'Orleix, prêts à entamer un pugilat dont l'enjeu devient lié à la seconde guerre mondiale.
Est-ce la frayeur de prendre la "rouste" de sa vie, ou bien a-t-il été rappelé à la tolérance par quelques voix célestes que Dartagnan n'entendit pas ? Mais le curé fléchit dans sa détermination, et déclara qu'il accepterait quand même le baptême, même avec un prénom de "bôche".

Le baptême eut lieu, dans la joie chrétienne et la paix du Christ…

(*) Orleix (65800) : A 6 km de Tarbes, où ma maman était institutrice. Je suis né au 1er étage de l'école des filles, dans la maison où est installée la mairie actuelle.

(**) Le contre-torpilleur sur lequel se trouvait mon oncle Frantz, le "Bison", a été torpillé par un sous-marin allemand. Malgré un bain prolongé de plusieurs heures dans l'eau glacée il réchappa à la noyade. Avec un certain nombre de ses camarades, il eut la chance d'être recueilli par un navire anglais pour faire route vers un port au sud de Narvik. Ils n'eurent pas le temps d'achever leur voyage. En vue des côtes norvégiennes la Luftwaffe (aviation allemande) bombarda et coula le navire anglais. Ainsi, après deux naufrages dans la même journée il fut recueilli sain et sauf par la population norvégienne venue les secourir. C'est quand même une situation exceptionnelle !

A bientôt… ! Pour d'autres récits !


 


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